Tchad : la liberté d’expression en péril au Tchad ?

En octobre dernier, les manifestations contre le gouvernement de transition du Tchad ont fait l’objet d’une répression brutale, des dizaines de personnes ayant été tuées, blessées ou arrêtées. Malgré le rétrécissement de l’espace politique, les activistes, les avocats et les journalistes ont poursuivi leur travail sans trop d’entraves. Cependant, la suspension récente d’un site d’information populaire est un développement troublant, en particulier au moment où le Tchad se prépare à un référendum constitutionnel plus tard dans l’année.

La semaine dernière, la Haute Autorité de régulation des médias et de l’audiovisuel (HAMA) du Tchad a suspendu Alwihda Info pendant huit jours à la suite de la publication d’articles sur le remaniement interne de l’armée et d’un discours prononcé par le président de transition, Mahamat Déby, au sujet du conflit à la frontière nord du pays. La HAMA a accusé Alwihda Info de publier des « propos insultants » à l’égard du président et de « porter atteinte à la cohésion et à la discipline au sein de l’armée », et l’a averti de sanctions plus sévères en cas de récidive.

Alwihda Info n’a pas publié sur son site web ni sur les médias sociaux depuis le 26 août. Le même soir, le directeur de la publication, Djimet Wiché, a déclaré qu’il avait été suivi par deux voitures qu’il soupçonnait d’appartenir à des agents de renseignement, ce qui l’a contraint à passer la nuit dans un autre endroit.

Quelques jours seulement après avoir remporté un sixième mandat en avril 2021, le président tchadien de l’époque, Idriss Déby Itno, est mort dans des affrontements dans le nord du pays, dans des circonstances non élucidées. La Constitution tchadienne stipule que des élections doivent être organisées dans les trois mois suivant le décès d’un président. Cette disposition n’a pas été respectée. Au lieu de cela, un conseil militaire de transition dirigé par le fils de Déby, Mahamat Déby, a pris le relais et est resté au pouvoir sans élections.

Le nouveau projet de constitution, qui devrait faire l’objet d’un référendum en décembre, apporterait des changements importants, notamment en modifiant l’âge minimum des candidats à la présidence, en stipulant qu’un candidat à la présidence doit être de parents tchadiens et que le Tchad reste un État décentralisé au lieu d’évoluer vers le fédéralisme.

La liberté de la presse est un pilier fondamental de tout système qui se veut démocratique. Les médias ne devraient pas être suspendus pour avoir publié des articles simplement parce qu’ils peuvent mettre le gouvernement mal à l’aise.

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