Togo : Les défis de la liberté de la presse dans un pays pris en otage par les politiciens

Au Togo, la situation de la liberté de la presse est dépendante du contexte politique. En période électorale notamment, l’autocensure reste de mise pour les journalistes qui subissent des pressions de la part du gouvernement comme des membres de l’opposition. L’État et les acteurs politiques exercent une grande influence sur le traitement de l’information : le pouvoir politique nomme et peut licencier les responsables des médias publics, ainsi que le président de l’instance de régulation des médias.

Avec environ 234 titres, 94 radios et une dizaine de chaînes de télévision, le Togo dispose d’un paysage médiatique foisonnant. Si le quotidien privé Liberté fait partie des journaux les plus lus, les bi-hebdomadaires L’Alternative et L’Union pour la Patrie sont aussi réputés. La télévision la plus suivie reste la Télévision Togolaise (TVT), la seule chaîne de télévision d’État. Malgré ce paysage médiatique abondant et l’apparition de nouveaux médias d’information en ligne, rares sont ceux qui fonctionnent en toute indépendance des forces politiques. Le quotidien Liberté a fait l’objet d’une suspension d’un mois en début d’année, et L’Alternative reste dans le viseur des autorités.

Au Togo, les médias sont confrontés à d’importantes difficultés financières. Ces contraintes économiques favorisent la corruption et empêchent les médias de fonctionner de façon libre et indépendante. S’il est aisé de créer des médias en ligne ou un journal, il est bien plus compliqué de lancer une radio ou une chaîne de télévision. L’Observatoire togolais des médias, autorité morale qui équivaut au premier niveau de régulation, ne dispose pas d’assez de ressources financières pour être vraiment efficace.

Si les journalistes peuvent traiter la grande majorité des thèmes de société sans crainte de représailles, ils préfèrent éviter de traiter des sujets tabous comme la corruption, les questions relatives à l’armée, et au président de la République et sa famille.

Les journalistes font régulièrement l’objet de pressions ou reçoivent des avantages pour adopter une position qui s’aligne sur l’agenda du régime. Lorsqu’ils résistent, ils font l’objet d’une surveillance étroite, comme l’ont démontré les révélations de l’affaire Pegasus. Les menaces de fermeture ou les suspensions de médias inquiètent les journalistes.

Herman Kouassi

 

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page